À première vue, la formule attribuée à Charlie Parker fonctionne mal. L'apprentissage musical n'est pas si linéaire, il chemine en cercles, interactions multiples, impasses, sauts, tunnels... La capacité à jouer précède les apprentissages, et pour finir, devrions-nous oublier ce que l'on vient patiemment d'apprendre?

Et pourtant…

La force n'est pas dans l'exactitude de la proposition.

Sa force est dans la confusion qu'elle provoque.

Un paradoxe que l'on retrouve dans le non-faire ou le lâcher-prise souvent utilisés dans l'enseignement de l'improvisation. La confusion court-circuite la connaissance et nous fait ressentir une autre dimension de l'existence.

Oublier ici ne signifie pas effacer ce qui a été appris, mais pouvoir le laisser agir sans plus rien savoir ni vouloir. Le jeu ne se situe plus dans le contrôle volontaire.